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Le montage spatial

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L’espace « selon ADVENE » est une clef pour comprendre le « montage spatial » et imaginer comment chacun de nous peut travailler là-dedans.

Ce terme a été élaboré par Lev Manovich dans son livre  The Language of New Media, MIT Press, 2001*. (Cf. notamment p. 155-160, chapitre « Compositing and New Types of Montage »). Les citations qui suivent sont une invitation à réfléchir sur cette pratique et tout ce qu’elle permet ainsi qu’à rendre tangibles les contraintes qui éventuellement l’accompagnent. Loin d’être exhaustifs, les passages cités sont donc là pour susciter un premier questionnement de la chose.

Manovich discute et présente les diverses façons dont la culture de l’ordinateur redéfinit l’image mobile. Tandis que le film traditionnel privilégie le montage temporel (c’est donc la succession de prises de vue qui est montée) et néglige le montage à l’intérieur d’une seule prise de vue (là, c’est l’espace d’une seule prise de vue qui est monté), la technique du compositing** met les deux types de montages au même niveau. Ils sont désormais aussi importants l’un que l’autre.

***

« The new logic of a digital moving image contained in the operation of compositing runs against Eisenstein’s aesthetics with its focus on time. Digital compositing makes the dimensions of space (3-D fake space being created by a composite and by 2 and a half- D space of all the layers being composited) and frame (separate images moving in 2-D within the frame) as important as time. In addition, the possibility of adding hyperlinks within a moving image and other digital formats adds yet another spatial dimension. (…) If film technology, film practice, and film theory privilege the temporal development of a moving image, computer technology privileges spatial dimensions :

1. spatial order of layers in a composite (2 and a half -D space),

2. virtual space constructed through compositing (3-D space)

3. 2-D movement of layers in relation to the image frame (2-D space),

4. relationship between the moving image and linked information in the adjustment windows (2-D space). » p. 157

 

« To qualify as an example of montage, a new media object should fulfil two conditions: Juxtapositions of elements should follow a particular system, and these juxtapositions should play a key role in how the work establishes its meaning, and its emotional and aesthetic effects. These conditions would also apply to the particular case of new spatial dimensions of digital moving images. By establishing a logic that controls the changes and the correlation of values on these dimensions, digital filmmakers can create what I call spatial montage.

Although digital compositing is usually used to create a seamless virtual space, this does not have to be its only goal. Borders between different worlds do not have to be erased; different spaces do not have to be matched in perspective, scale and lighting; individual layers car retain their separate identities rather than being merged into a single space; different worlds can clash semantically rather than form a single universe. » p. 158

« Outside cinema, montage within a shot becomes a standard technique of modern photography and design (the photomontages of Alexander Rodchenko, El Lissitzky, Hannah Höch, John Heartfield, etc.). However, in the realm of (mainstream) moving image temporal montage dominates. Temporal montage is cinema’s main operation for creating fake realities. » p. 149

 

Lawrence Jordan | Carabosse | film | 1980


– – On peut se demander pourquoi Manovich ne mentionne pas ici la peinture, la sculpture ou l’architecture, et parle seulement de photographie et de design tout en se référant à des artistes qui ont été très actifs dans tous ces domaines et leurs croisements (volontaires). Pareil, j’ai ajouté la parenthèse « mainstream » dans la citation ci-dessus car si l’industrie cinématographique s’est intéressée tout au long du XXe siècle au seul montage temporel, le cinéma expérimental ou d’animation ont, de leur côté, très souvent travaillé en mélangeant les principes du montage spatial au montage traditionnel (Lawrence Jordan, Jean-Luc Godard (vidéo), Stan Vanderbeek, etc. etc.)

Voir aussi ce texte un peu plus récent de Manovich.

 

*Une décennie après sa parution originale, l’ouvrage en question devrait enfin paraître en français très prochainement.

** Toujours selon Manovich, « digital compositing exemplifies a more general operation of computer culture – assembling together a number of elements to create a single seamless object. (…) As a general operation, compositing is a counterpart of selection. Since a typical new media object is put together from elements that come from different sources, these elements need to be coordinated and adjusted to fit together ». p.139

 

A très vite !

 

MA

 

Written by datadatablog

27/10/2010 à 17:01

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